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Honneur et dette – PA§2

-“Je ne suis pas sûr que nous devrions le garder avec nous…

-Qui?

-Le guerrier Olaf…

-On l’a payé, il nous suivra.

-On a quand même pillé une troupe marchande de la Cyntaf… Tu as vu ses yeux ? Moi ce rouge ça me flanque les cho…

-Ferme la on dirait une femme. On l’a payé, un Olaf honore toujours ses dettes.

-Et quand le contrat finira?

-On le paiera pour autre chose. On va l’épuiser à la tâche, et puis ce sera bon.”

Le guerrier aux yeux rouges écoutait silencieusement depuis le feu. Il ne dit rien, se leva et partit nourrir les chevaux de la caravane. Etant seul, il termina à l’aube, et repartit avec le groupe pour faire son travail d’escorte toute la journée.

La nuit suivante, on lui dit que sa tente avait été perdue. Il dormit à la belle étoile après avoir aidé à monter les tentes des autres.

Le jour d’après, une bande de pillards les attaqua. Ils furent mis en déroute, mais on lui tint le blâme car un cheval avait été blessé durant l’attaque. Il ne dit rien et accepta que sa ration soit redistribuée, et que son cheval soit transmis au propriétaire du blessé le temps de son rétablissement.

Le surlendemain, un troupeau de lions attaqua. Seul et à pied, il les affronta, puis reprit son chemin en pansant ses blessures.

Le septième jour, il n’avait plus figure humaine. Les traits tirés, émaciés, la peau brûlée par le soleil, les cicatrices boursouflées, il ne disait rien. Puis brusquement, il s’arrêta face à un ruisseau.

“Que fais tu? Avance.

-Nous entrons dans les terres de la Cyntaf. Mon contrat s’arrête ici.

-Tu as été payé pour nous escorter jusqu’à Gaer Ectalys !

-Jusqu’aux terres de la Cyntaf. Paie moi!

-Tu auras ta solde si tu nous accompagne jusqu’à la fin.

-Tu refuses de me payer?

-Tu seras payé une fois dans la ville. L’honneur c’est bon pour les crève-faim, si tu veux être payé tu fais comme tous les gens civilisés.”

Le guerrier ne dit rien. Il claqua des dents, et son cheval rua pour déloger son cavalier, le piétina de ses sabots et galopa vers son maître. En un mouvement souple, il était en selle. Un éclair d’argent étincela dans la lumière du matin, et la tête du chef de caravane rebondit sur le sol. Un silence… Trente hurlements sortis d’un seul corps. Le guerrier aux yeux rouges sourit.

Le soleil se couche sur le charnier à l’orée des frontières. Seuls parmi les morts, une femme enceinte et un enfant pleurent, les yeux écarquillés, hébétés. Tous les chevaux ont été pris, toutes les richesses de la caravane envolées. Ne restent plus à côté d’eux que deux chevaux, laissés là par le démon aux yeux rouges.

Un Olaf honore toujours ses dettes.