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Etoiles et rêves – PA§2

Dans la nuit, au milieu des hommes et femmes de la harde, un homme claudique. Peu faisaient de cas de sa mine austère et maladive, préférant lui rendre hommage tantôt en le saluant, tantôt en l’aidant à enjamber un quelconque obstacle.

Le voici comme chaque nuit maintenant en train de regarder les étoiles.

« Tu les rejoindras bien assez tôt. », murmura une voix si douce à ses oreilles. Une voix qu’il aimait entendre, mais qu’il se savait défendue.

Elle avait été à la fois son salut et sa némésis.

Il l’avait aimée, il en était sûr, mais il ne pouvait se l’avouer. Elle l’avait rêvé, leurs destinées ne feraient que se croiser sans jamais être filées côte à côte. Et pour cette certitude elle l’avait quitté, lui comme la Cyntaf, pour apprendre à rêver.

Mais elle était maintenant de retour, et lui sur son départ.

« Tu sais, Maatmoïra, si je n’avais été le plentyn de la Cyntaf, je serais parti avec toi. » Sa voix finit presque dans un murmure.

« Efryr, si je ne savais rêver, je serais resté à tes côtés. »

Leurs mains se joignirent une dernière fois, avant qu’un bruit sourd ne s’élève du sol.

« Betse prend soin de lui. »

Un dernier baiser, ou un premier, peu importe.

La Mère – PA§Prologue

Wilhem était le dernier enfant d’une fratrie de huit. Il était une force de la nature, sa mère en subi les conséquences dès le jour de sa naissance, ses cris et le craquement de son bassin retentirent dans tout le territoire de la Cyntaf. Malgré cela, elle lui voua un amour inconditionnel.

Wilhem était maintenant en âge d’accomplir son devoir d’homme et de grimper sur la palissade, ce qu’il fit avec un pincement au cœur. Ce même-jour, sa mère tomba malade et les meilleurs rebouteux du village ne purent rien faire pour la sauver ; mais cela elle n’en avait que faire car dans ses fortes fièvres elle disait voir le Centaure galoper avec elle. Elle allait enfin pouvoir courir à nouveau.

A la suite de la mort de sa mère, Wilhem se fit tatouer sa première prière sur le cœur, en souvenir. Il se voua, peu à peu, au culte du Centaure et fut pris sous l’égide du Plentyn de l’époque, qui voyait en lui autant un apprenti qu’un excellent protecteur. Les années passèrent, et à chaque anniversaire, Wilhem ajoutait une prière ; et à chaque prière, ses rêves se faisaient de plus en plus réels, et parfois même sa mère  galopait avec lui dans la plaine.

Puis un jour, elle s’approcha de lui et l’invita à monter derrière elle. Quelle sensation ! Lui, dont la tribu entière avait su descendre de cheval. Il partit avec elle à travers la plaine, galopant vers l’est, en symbiose avec les troupeaux. Malgré cette sensation mirifique, qui lui faisait perdre pied, il aperçut à l’horizon une armée en ordre de marche. Le cheval s’arrêta, sa mère l’embrassa sur le front, comme elle savait si souvent le faire, et il sut alors que ce qu’il avait vu était vrai.

Wilhem fut propulsé en arrière et heurta de plein fouet son corps. Il raconta tout au Plentyn, et la Cyntaf sonna le cor, afin que toutes les hardes se rassemblent et se préparent à la guerre.