Cyntaf – PA§2

Origine

« A cette époque, un exode emmena les tribus de Vaelrys et d’Ismir au pied d’une chaîne de montagnes volcaniques. Bien qu’étant d’accord sur le principe de l’exode, ils ne l’étaient pas sur la direction à prendre. La tribu de Vaelrys laissa celle d’Ismir au pied de la chaîne de volcans du pays des Brumes et partit plus au nord.

C’est durant cet exode qu’apparut Leiff le centaure, pour n’importe quelle tribu son apparition aurait été signe de mauvais augure, mais pas pour la Harde. Vaelrys l’annonça comme l’avenir, le lien entre  l’homme et sa monture. La rumeur grandit et Leiff apparaissait de plus en plus souvent aux côtés de Vaelrys.

Vaelrys eut 10 enfants, sa famille comme la Harde grandissait et bientôt le troupeau qu’elle suivait ne leur suffirait plus pour vivre. Vaelrys et chacun de ses enfants prirent donc chacun la tête d’une partie de la Harde, Leiff restant auprès de Vaelrys. Chaque enfant devait trouver un troupeau pour nourrir sa harde. Ainsi naquirent les 11 hardes des plaines.

Leiff était contre cette dispersion. Jugeant les hommes indignes du cadeau que la nature leur avait fait, il partit avec les chevaux de la Cyntaf, laissant Vaelrys triste comme s’il avait perdu son enfant, et les autres hardes orphelines de leur ainé. Après le départ de Leiff, il se répandit dans les hardes une prophétie : L’ainé ayant renoncé à son honneur, il convient aux dix cadets d’apprendre à l’enfant à le retrouver. Alors viendra le Réunificateur. »

Il y a de cela fort longtemps nulle harde n’existait, seule La Harde comptait. La pluralité n’était rien, seule existait l’unité. L’unité autour d’un chef, l’unité autour du Centaure, unité qui a volé en éclat avant qu’il ne parte, unité qui fait cruellement défaut lorsque les hardes du sud ont attaqué. Unité que nous n’avons su retrouver qu’une seule et unique fois.

Tous se souviennent de celui qui unifia à nouveau les hardes, tous ceux de la Cyntaf. Tous connaissent à présent la douleur de sa disparition, la tension de cette union qui vibre et tremble, mais nous, nous n’oublions pas d’où nous venons, et le tribut que nous avons payé autrefois en nous désunissant.

Après le départ de Leiff, nous étions perdus, certains d’entre nous sont partis à sa recherche, en errance, et ne sont jamais revenus. D’autres ont préféré se réunir autour de Vaelrys et le soutenir. Pourtant d’aucuns pensaient que son heure était si proche. Son départ suivi de peu celui de Leiff et nous nous retrouvâmes sans chef, sans guide, sans rien mis à part une terre qui nous réconfortait, un endroit dans lequel nous nous sentions en sécurité.

Malgré tout, nous nous décidâmes à aller de l’avant, sans jamais faillir, nous devions montrer aux autres qui avaient survécus que nous en étions capables également.

Nous devions protéger les autres hardes, ce que les anciens n’avaient pu faire auparavant et qui avait poussé Leiff à nous abandonner, cela nous le savons, au plus profond de nous.

Autour du lac où Leiff nous abandonna, nous commençâmes à construire un auvent de protection, puis une remise, puis une palissade et peu à peu, Ectalis, la ville de la Cyntaf, notre cité, sortit de terre.

Peu à peu, la notoriété d’Ectalis, devenue Gaer Ectalis (le fortin) grandit dans la plaine, et les plentyns des hardes revenaient vers elle, l’origine de tout. Les premiers conseils de plentyns eurent lieu en même temps que les premiers conflits territoriaux entre les hardes commençaient. Le temps où Leiff chevauchait à nos côtés était déjà lointain, mais nous attendions toujours son retour.

Les saisons, puis les générations passèrent. Gaer Ectalis et la Cyntaf étaient reconnues au-delà des plaines, et commencèrent à se lier d’amitié avec les enfants d’Ismir qui se faisaient appeler les Passeurs de lave.

Nous cherchions alors à nous regrouper autour de notre Vaelrys Krum, toujours en attente du retour de Leiff. Nous étions patients, calmes, et les autres hardes nous respectaient pour ce que nous étions : la première tribu, celle qui serait guidée par Leiff une fois de retour.

Le Réunificateur nacquit, et Krum s’exila. Pourtant nul Vaelrys ne prit sa suite, car le réunificateur n’était pas prêt.

Main dans la main, Maatmoïra, notre rêveuse du rêve, et Efryr, noire corneille, notre Plentyn, firent avancer, évoluer la Cyntaf, et donnèrent l’impulsion de ce que nous sommes aujourd’hui. Maatmoïra maintint les bonnes relations naissantes avec les Passeurs de lave, Efryr en profita pour commercer avec les tribus de la mer du bord du monde, notamment l’Aegriss Kjafta. La prospérité de Gaer Ectalis n’avait que peu à envier aux cités du sud, le marché du printemps et celui de l’automne étaient attendus par nombre de chasseurs mais également de marchands des Hauts Plateaux et de la mer du bord du monde.

Peu à peu, nous nous éloignons de ce que nous étions, diront certaines hardes. Les transformations de Gaer Ectalis s’effectuèrent peu à peu.

Nous avons développé nos cultures, le commerce, et surtout l’artisanat. D’une peau à peine tannée, nous réussissions à en sortir des articles de choix, vendus dans les maisons les plus riches de Valcourbe. Le Lyerd de la Pumed était un alcool recherché par toutes les grandes familles de Taleseaux. Les Passeurs de lave nous apportaient sans cesse du sel et du poisson de l’Aegriss Kjafta. Les échoppes étaient florissantes tout comme leurs livres de comptes et notre écriture sur du parchemin. Nous réussissions à fabriquer nos propres parchemins qui nous servaient lors de nos transactions.

Les décisions de notre Plentyn étaient sans cesses remises en cause par les autres hardes, arguant qu’il faisait passer le bien être de la Cyntaf bien avant celui de la Harde. Et alors que les relations commençaient à définitivement être ébranlées, Boldskar, le Réunificateur, l’enfant de l’Ost, l’incarnation de Leiff fit son apparition. Du haut de ses dix ans il voulut prendre la tête de la Cyntaf, comme cela était écrit… Wylhemle, notre plentyn refusa, il savait ce que cela signifiait pour la Cyntaf… mais que pouvait-il faire lorsque deux ans plus tard Boldskar revint avec les dix Vaelrys et les dix Plentyns à sa suite… Il s’exila laissant la place à son Babanod, qui n’avait ni son poids ni son expérience.

La vision de renouveau apportée par le réunificateur suffit à en galvaniser plus d’un, et nous finîmes par croire en lui, croire que Leiff allait revenir… enfin. Les tatouages, la voix de Leiff furent de nouveau portés avec fierté par tout un chacun. 

Mais la guerre promise par le réunificateur ne permit pas à la Cyntaf de prospérer, en aucun cas. Le commerce n’existait plus avec les royaumes du sud, à peine subsistait-il avec les passeurs.

Les golygydds survivants affluaient sur Gaer Ectalis, toujours plus nombreux, blessés, meurtris dans leurs corps comme dans leurs esprits ; notre fortin était devenu un refuge pour nombre d’entre eux. Nous n’arrivions plus à faire la différence entre un membre de la cyntaf ou de la degfed, comme d’une autre harde: tous étaient égaux. Et les premières maladies apparurent, apportées par d’anciens esclaves des mines de Tombelhiver pour sûr, et la population de la Cyntaf commença à mourir, malgré les prières des femmes et des enfants.

Notre harde est en proie aux doutes, elle est en train de perdre sa place, et nous ne pouvons laisser faire cela.

Signes distinctifs

Les membres de la Cyntaf ont la peau claire. Ectalis étant dans la partie la plus sud des plaines, elle jouit d’un climat plus doux qu’au nord.

Ils sont richement vêtus et ont quitté les vêtements amples, pour garder toutefois le lin en matière première.

Organisation sociale

Les membres de la Cyntaf (homme ou femme) sont considérés comme des adultes en droit de porter une arme à partir du moment où ils ont passé du temps sur la palissade.

Depuis l’exil de Krum, aucun Vaelrys n’a pris sa place. Notre Plentyn et son Babanod suffisent 

à diriger notre harde, bien entendu épaulés par les grands artisans d’Ectalis.

Du fait de l’absence de Vaelrys, le Plentyn n’est plus choisi dans un autre harde, c’est le babanod qui l’est. Ainsi cela lui laisse une grande période d’apprentissage de la cyntaf pour être à même de la diriger.

Le conseil des Plentyns se réunit tous les cycles dans Ectalis, il est composé des 11 Plentyns de la Harde, mais cela fait maintenant bien longtemps qu’il n’a eu lieu, ainsi aucun babanod n’a été désigné pour succéder au Plentyn de la Cyntaf.

Religion

Leiff

Il est le Centaure, père de toute chose, frère de chacun d’entre nous. Il chevauche dans la plaine inaccessible au-delà de ce que nous pouvons.

Ehusse

Il est le dieu le plus vénéré dans Gaer Ectalis: tous les artisans, tous les commerçants donne un pourcentage de leurs transactions en offrande à Ehusse.

Ceinwen & Cernun

Ils représentent le couple Plentyn / Babanod qui gouverne Ectalis. Ils sont également les gardiens d’Ectalis.

Betse

Elle accompagne chaque pas d’un exilé et veille sur eux. Elle n’a pas le droit de rentrer en Ectalis, et empêchera toute personne n’ayant pas le droit de le faire d’y entrer.

Economie, secteur d’activité

L’économie est surtout basée sur les échanges marchands avec les autres tribus. Le lyerd s’exporte dans tout le sud des contivents, et a acquis une grande notoriété au marché noir, tandis que les tribus des quatres coins des plaines viennent faire travailler leurs peaux et leurs cuirs. La monnaie n’existant pas, ce commerce se fait sous forme de troc, qui permet à Gaer Ectalis d’avoir une réelle prospérité commerciale ainsi qu’un large choix de denrées aussi diverses que variées.

Personnages importants

Plentyn, Kiern

Un soir d’hiver, Babanod confirmé, après avoir abusé du Lyerd, entra dans une rêverie de transe. Il y vit sang, sueur et morts. Il mit beaucoup de temps à interpréter sa vision, le temps que les brumes s’estompent, et il se devait de démêler le vrai du faux.

Rêveuse, Lamilasse

Elle devient la première rêveuse du rêve et nous apprend à rêver à nous aussi. Nous nous envolons dans notre sommeil vers d’autres contrées merveilleuses où nous rencontrons mille et une choses, mille et un êtres, mille et une vies différentes…

Vu par les autres hardes

Ectalis étant considérée comme l’ultime refuge des hardes en temps de crise, les autres hardes font preuve d’une certaine déférence envers la Cyntaf. Cependant, plusieurs hardes entretiennent une certaine méfiance envers la Cyntaf depuis son abandon par Leiff, alors que d’autres les révérent pour avoir sacrifié leur liberté pour offrir un havre à la Harde.

Depuis maintenant quelques années Ectalis ne jouit plus de sa notoriété que pour son grand marché de fin d’été, auquel sont conviés d’autres peuples comme les Aegriss Kjafta et les passeurs de laves.

Armes et objets de prédilection

Ils sont généralement armés de coutelas ou de lance. Ils portent peu de bijoux mais arborent tous des talismans représentant le Centaure.

GN de l'association ReNainSsance.