Chweched – PA§2

Origine

Manarouk était un homme pieux, très respectueux des esprits qui nous accompagnent. Ces esprits, il ne les voyait pas lui-même, mais les ressentait à travers sa femme, la belle Maïka. Doué d’un don rare, même si certains la disait folle, elle était connue pour parler au vent et aux animaux.

A l’écoute des visions de sa femme, Manarouk prépara son voyage bien avant ses frères et ses sœurs.

Lorsque Vaelrys dépêcha l’Yrail après le vent, Manarouk pria alors le centaure, et dans un rêve, il vit la destinée de cette tribu qui serait la plus grande, et la plus forte de toutes. Pour chacun de ses frères, il pria, et pour chacun il sut la direction vers où il partirait.

Lorsque, enfin, vint son tour, c’est paisiblement qu’il salua ses frères et sœurs restants, et qu’il partit en direction de l’Est.

Pour chaque décision importante, chaque direction à prendre, Manarouk s’en remettait à sa femme. Mais la harde avançait et jamais un troupeau n’apparaissait. Les jours devinrent des années, et la harde s’affaiblissait. Certains commençaient à remettre en question les choix de leur chef, mais c’est surtout la présence de sa femme qui dérangeait.

Enfin, un beau matin, la harde tomba presque par hasard sur un troupeau de bisons. Ne sachant comment approcher, ils eurent la surprise de voir le troupeau s’éloigner, laissant derrière lui un ancien du troupeau qui offrit nourriture et repos à la tribu qui suivait la voie des esprits.

Depuis, la Chweched vit en paix sur ses terres, suivant les immenses troupeaux de bisons qui sillonnent la plaine. En remerciement pour les esprits qui les ont menés jusqu’à ces terres, ils firent la première danse du centaure à l’endroit où le premier bison tomba, et tous les 10 ans ils se réunissent en ce lieu sacré pour honorer Leiff et les esprits, car ils sont les guides, la mémoire et l’avenir.

La Chweched est profondément ancrée dans ses traditions, car le respect des esprits et des ancêtres est un savoir faire ancien qui se transmet par la parole depuis des générations. Pour eux, il est très important de ne pas s’éloigner de ces traditions, pour ne pas perdre la sagesse apprise des anciens.

La Chweched est une harde profondément pacifique. Durant de nombreuse périodes de l’Histoire, la harde a oeuvré corps et âme dans ce sens, favorisant autant qu’elle le pouvait l’union et la paix. Elle a connu plus d’échec que de victoire, mais n’a jamais changé son discours ni abandonné.

Le Vaelrys a perpétué le discours de sa harde, demandant que cette réunification tant attendue des hardes leur permette d’accomplir de grandes choses et d’atteindre enfin la paix bien méritée. Mais les autres hardes ne l’entendaient pas ainsi. Ils avaient subi trop d’humiliations, trop de pertes, trop d’attentes pour ne pas profiter de cette puissance soudaine pour frapper fort et détruire.

Il ne s’opposa pas aux autres hardes, 

quel qu’en fût le prix. Mais, plutôt que d’oeuvrer pour la guerre comme tous, il oeuvra pour la survie, prévoyant la retraite et protégeant leurs arrières. Ce fut grâce à ses prévisions que les Golygydds de sa harde et de la Degfed survivent encore aujourd’hui.

Les Chweched n’ont pas eu le temps de pleurer leurs morts ni de guérir leurs blessés. Déjà, les Royaumes du Sud étaient à leurs portes pour les harceler, ne leur laissant aucun répit. Une organisation différente de la harde devait être pensée.

Mais dix années de fuite sont épuisantes et ne permettent pas une vie saine. D’autant que la fuite ne s’est pas toujours faite à temps, et certaines batailles récentes demeurent encore douloureuses pour le corps et la mémoire.

Ils ne peuvent plus continuer ainsi. Lors d’une grande réunion des anciens, des solutions plus durables ont été recherchées. C’est Sahale, la matriarche des Dancendre, qui proposa de réaliser la danse du Centaure pour appeler Leiff. Sa proposition fit rapidement l’unanimité, comme si chacun n’attendait rien d’autre que cela. Aussitôt, des messagers furent envoyés à travers les plaines pour convoquer un rassemblement des hardes. Enfin, nous avions une solution, enfin, nous allions pouvoir être réunis à nouveau.

Signes distinctifs

La spiritualité de cette harde transparaît dans le nombre d’amulettes et de totems que chacun de ses membres porte constamment sur lui.

Habitués des régions chaudes, leurs tenues sont légères. Très respectueux de la vie, ils réutilisent tout : os, cornes, griffes, dents des bêtes mortes servent de bijoux, ornements, outils…

Taillés pour les grandes distances et la rapidité, ils sont plutôt grands, fins et élancés, la peau mate tannée par le soleil et la poussière des chemins.

Organisation sociale

Très mouvants car ils suivent les transhumances des troupeaux de bisons, ils voyagent léger et savent s’installer et partir très rapidement.

La société est régie selon des règles très simples: les femmes régissent la société de l’intérieur et les hommes s’occupent de l’extérieur.

Très matriarcale, c’est la seule horde dont le Plentyn et le Vaelrys sont des femmes, en hommage à Maïka.

Les hommes sont responsables de la sécurité et du commerce extérieur.  C’est eux qui chassent aux alentours, coupent du bois et font du repérage sur les environs afin de localiser les potentiels dangers et les prochaines régions propices à l’installation.

Il existe cependant quelques organisations reconnues formées pour perpétuer et transmettre les savoirs ancestraux si chers à leur coeur : les Danses la vie, les Dancendres, les Tissesprits, les Vents de Chinouk.

Religion

Chaque membre de la tribu se lie avec un esprit animal lors de son rituel de passage à l’âge adulte. Cet esprit sera son symbole, son guide et son soutien tout au long de sa vie.

Ce rite de passage est un moment fort de la harde, bien plus que celui du mariage ou des funérailles. 

La Chweched respecte la vie et vénère les esprits animaux.

Par respect pour la proie, le chasseur réalise une petite prière avant de l’achever, dans laquelle il lui explique pourquoi il a besoin de la tuer, à quoi servira sa viande et ses os. Il le remercie pour son sacrifice grâce auquel lui et sa harde pourront survivre. Toujours par considération envers celle-ci, la harde se fera un devoir d’utiliser chaque parcelle de l’animal tué, afin que son sacrifice ne soit pas vain.

Pour communiquer avec les esprits, la harde utilise de nombreux moyens. Le symbole le plus fort est sans doute celui du calumet, composé d’un fourneau de bois dans lequel sont brûlées des herbes et d’un tuyau de bois par lequel peuvent être aspirées les fumées des herbes.

Pour attirer la force des esprits, la harde pratique un artisanat particulier : le tissage d’esprit.

Il existe trois grands types de tissages, tous réalisés à l’intérieur de cercle de bois plus ou moins grand (allant de la taille de la main à celle d’une table).

Parmis tous les esprits vénérés, certains ressortent plus que d’autres:

Leiff

Grand ancêtre, esprit du cavalier, du cheval, du troupeau et de l’union.

Cernun

Esprit du cerf et de la chasse, Cernun est celui qui voit et qui guette.

Cenwein

Esprit du loup et de la famille, elle incarne l’esprit de meute, de horde.

Wakan Tanka

Esprit du soleil, de la lumière et de la vie, il est le Grand-Esprit, celui qui veille non pas sur les mortel, mais sur les autres esprits.

Manarouk

Esprit protecteur de la harde, il est celui qui la guide et la conseille.

La Grande Ost

Elle réunit tous les esprits d’ancêtres cavaliers les plus forts.

Bovor

Il est l’esprit incompris et craint, l’esprit du serpent et monde du dessous.

Mapun

Esprit du bison, de la force et de la vigueur.

Ninen & Nenin

Les esprits jumeaux qui représentent l’opposition, l’équilibre.

Tarnuelle

Esprit de l’eau, de la danse et de la fertilité.

Ehusse

Esprit du castor, des artisans, vénéré par tous les tatoueurs.

Betse

Esprit de l’aigle et des passages, elle emmène sur son dos les esprits des morts et accompagne les grands changements.

Economie, secteur d’activité principale

La Chweched est reconnue pour la qualité de ses peaux et fourrures, mais également pour la finesse de son artisanat. Ses armes, bijoux et vêtements intriguent et intéressent, mais les tissages attirent encore plus l’attention, car leur efficacité semble acceptée et reconnue par beaucoup.

Personnages importants au sein de la harde

Plentyn Ehawee

Plentyn depuis de nombreuses années. C’est elle qui entendit l’appel de l’esprit, et transmit ses volontés en désignant Nashoba comme nouveau Vaelrys. Elle l’assista dans ses premiers choix.

Vaelrys Nashoba

Nashoba est le premier Vaelrys homme de la harde depuis très longtemps. Il a été désigné comme Vaelrys par la Plentyn Ehawee, à la demande de l’esprit de la harde, Manarouk.

Asha, Danse la Vie

Asha n’est pas la matriarche des Danse la Vie.  Nayma, la matriarche, est bien trop âgée pour danser encore. Mais sa sagesse et ses conseils restent d’une richesse inestimable. Asha est la meneuse actuelle des danseurs spirituels. Dynamique, pleine de fougue et de vie, elle est de toutes les cérémonies et représente parfaitement l’esprit de son ordre.

Perception de la harde par les autres hardes

Harde douce et pacifique, même si elle sait très bien se défendre quand il le faut, elle est respectée pour sa spiritualité et son contact très proche des esprits et des ancêtres.  

Armes et objets de prédilection

La hache, autant un outil de la vie quotidienne qu’arme.

L’arc, très apprécié dans les vastes étendues, pour la chasse à distance.

Leur totem et leurs tissages, qu’ils gardent toujours auprès d’eux.

GN de l'association ReNainSsance.