Ventedru

Ventedru

Ventedru est le royaume des vents et des tornades, de fait sa flore est rase et sa terre est emportée par les vents dans des tourbillons de poussière. Toutefois les espèces vivantes ont su trouver des oasis dont nul vent ou tornade n’approche et où il fait bon vivre. Les villages sont souvent séparés par des mers de hauts joncs qui se situent dans des petits canyons.

Proche de la frontière septentrionale on trouve Salamandar, la capitale. Elle est protégée par les nombreuses tornades qui gravitent autour d’elle. Les vents continuels qui parcourent le pays laissent un ciel quasiment toujours sans nuage et les pluies y sont rares.

Origine

Il y a plus d’un millénaire eu lieu le Grand Cataclysme, le contivent des Brumes heurta le contivent d’Erheness de plein fouet. Du grand fracas de cette rencontre naquirent les volcans de la grande chaîne du Bord du Monde. Le ciel se couvrit alors de cendres et de poussières. Sur les Hauts Plateaux, déjà en proie à de terribles luttes territoriales entre les tribus, récoltes et gibiers se firent plus rares et les affrontements redoublèrent d’intensité. Alors les Dieux, dont on commençait à se détourner, dépêchèrent leur Hérauts Animaux pour guider les hommes.

Caerlac choisit la salamandre, car il pensait qu’il pouvait rapidement l’attraper et l’obliger à rester à un endroit qu’il avait lui-même choisi. Mais la salamandre est rapide et surtout elle sait se faufiler dans des petits trous pour ressortir par d’autres. Caerlac dut courir après pendant des jours et des jours, et sa tribu à sa suite en était épuisée, tant et si bien qu’il décida de laisser un peu de répit au petit animal. Puis le vent se mit à souffler tellement que Caerlac ne voyait presque plus rien. La salamandre décida alors de faire son propre trou et le lendemain matin, ses enfants étaient nés. Caerlac et ses suivants décidèrent de s’implanter là où leur guide avait niché. Salamandar la capitale du Royaume de la Salamandre était née en même temps que ses enfants.

Auprès du trou de la Salamandre, trônait un énorme cristal, d’une pureté sans égale, Pyldor, la première Larme de Lorwin, don des Grands Veneurs à leurs fidèles. Aerlioss et Lorwin furent intronisés divinités tutélaires de Ventedru et Caerlac, leur prophète, fut fait Prêtre-Roy.

En symbole de son pouvoir, la famille royale se transmet de génération en génération Pyldor, la larme première, et la salamandre royale qui reste fidèle à la famille, vivante et insaisissable par quiconque qui ne serait pas du sang de Caerlac. Grâce à sa foi et la dévotion des fidèles, les vents et les tornades soufflent sur le royaume de Ventedru et nulle poussière ne vient jamais obscurcir son ciel d’azur.

Par la suite, le royaume s’est étendu aussi vite que ses hommes se déplaçaient, apportant le culte des Grands Veneurs partout où ils le pouvaient. Tel le vent, les habitants allaient en tout lieu et rapidement le commerce vint s’ajouter au prêche, cependant le prosélytisme du clergé de Ventedru n’était pas toujours bien accueilli.

Le voisin du sud, le royaume fangeux de Tourbebrune semblait un candidat idéal pour accueillir le culte d’Ærlioss et Lorwin. Issus eux aussi des tribus des Hauts Plateaux, ne croyant qu’en un ramassis de vieilles superstitions, nombreux furent les prêtres à tenter de leur apporter la sainte parole. Après quasiment un siècle de refus et de sacrilège sur les envoyés des Veneurs, le bon Roy Caerlon « le Dévot » décida de demander réparation en apportant la foi par le fer. Sa sainte armée pris les armes et il marcha quasiment sans opposition sur Serpentine, la capitale de Tourbebrune. Alors que la victoire était à portée de main, les vils nécromants des tourbières firent ressurgir les morts depuis les profondeurs des marais. Le preux Roy Caerlon connu la mort et son armée dut fuir l’engeance des marais. Depuis ce temps, nul prêtre ne tente de remettre sur le droit chemin les gens de Tourbebrune, qui se sont tournés vers la vénération de leurs ancêtres. Aerlioss leur pardonne…

Le commerce se développait avec les autres royaumes mais la concurrence était rude et il fallait quelque chose qui donne l’avantage aux marchands de Ventedru. C’est ainsi qu’un peu plus de deux cents ans après sa fondation, une invention vint bouleverser durablement le royaume : le chariot à voile. Propulsé par le vent, bénédiction d’Aerlioss et de Lorwin, ces fiers engins permirent rapidement de se déplacer le plus vite possible au travers de la steppe venteuse. Des conflits commencèrent à éclater. Ce fut la période de gloire de Friedrich la Salamandre de l’Ouest, qui le premier utilisa les chariots pour la guerre.

Avec le temps, les combats contre les barbares du nord se firent moins intenses. Ils se contentaient d’effectuer des raids sporadiques sur les Royaumes frontaliers des Hauts Plateaux à la recherche d’esclaves ou de butins.

Néanmoins, le Roy de Ventedru a confié à la famille Ventprieur, des chariotteurs renommés, la mission d’ouvrir de nouvelles routes commerciales avec les Royaumes du nord, tels que Malpic ou Hauteherbes il y a six siècles. Cela n’est possible qu’en passant par les territoires de chasse de certaines hardes

Ces incursions n’étaient pas vues du plus bel œil. Les choses en sont restées plus ou moins tel quel, malgré une tentative de complot échoué pour lever les peuples voisins contre les barbares du nord. Seulement, voilà, les choses se sont accélérées. En effet, jusqu’à présent, les conflits avec le golygydd s’arrêtaient à quelques raids suivis inévitablement d’expéditions punitives de la part des deux peuples…

Signes distinctifs

Tous les membres de ce Royaume battu par les vents, ont la peau du visage tannée par des rafales cinglantes. Ils portent tous un chèche sur la bouche et les cheveux lorsqu’ils sont dehors à cause des terribles bourrasques qui se lèvent de manière inopinée. Ils portent des couleurs vives afin d’être repérés de loin par les chariotteurs en course.

Organisation sociale

Le Prêtre-Roy est à la tête de tout le royaume. Au vu des quelques difficultés politiques actuelles, lui et sa famille résident actuellement en Ormsaint. C’est une société basée sur le droit d’ainesse, que dirige ainsi le descendant de Caerlac, le prophète.

La société a connu des bouleversements majeurs, et extrêmement rapides. En résulte une certaine anarchie nauséabonde un peu partout parmi la population.

Il y a cinq cent ans sont apparus les membres d’une nouvelle espèce, les Rorkals. Ces êtres humanoïdes à la peau bleue sont craints et détestés par le clergé qui les place presque au même niveau que les adorateurs du nouveau dieu hérétique. Le vent des conflits souffle donc bien fort sur Ventedru.

Au final, le Roy et son clergé se sont fait de plus en plus sélectifs auprès des rares chanceux qui ont réussi à passer la frontière pour se réfugier. La moindre action suspecte qui puisse être interprétée comme un non-respect des dieux et du pouvoir royal est sévèrement et violemment punie. Par contre, pour ceux toujours en Ventedru, la fuite de la famille Caerlac a été perçue comme une trahison et elle n’est plus aussi unanimement suivie et respectée qu’autrefois parmi les chariotteurs. Ceux-ci s’organisent à présent presque en clans, chaque groupe obéissant à l’autorité du chef de chariot ou de caravane lorsqu’ils voyagent en groupe. L’esprit de solidarité est néanmoins présent, et, si cela ne risque pas la sécurité de la caravane, un chef de groupe n’hésitera pas à venir au secours d’un autre groupe en difficulté.

Religion

Les habitants de Ventedru vénèrent les Grands Veneurs, Ærlioss, le Dieu du vent et sa femme, Lorwin.

Aerlioss est le père du blizzard et des tempêtes de neige. Lorsqu’il est réveillé, ses colères modèlent les paysages, apportent désolation et mort. Lorsqu’il dort, la vie reprend, bercée par son souffle que les hommes ont appris à apprivoiser. Il a pour sœur et femme Lorwin, la mère des alizées et des tempêtes marines, imprévisible et emportée. Elle peut aussi bien être une douce brise marine, qu’une tempête dévastatrice.

Le Culte des Grands Veneurs est religion d’Etat, le Prêtre-Roy étant aussi bien le dirigeant du royaume que son chef spirituel. Le culte s’exprime aussi par la présence de nombreux prêtres dont le prosélytisme est connu sur tous les Hauts Plateaux. Seuls les représentants d’Ormsaint les dépassent à cet exercice de style.

La liturgie reste simple et à l’image de la première communion de Caerlac et des siens avec Ærlios et Lorwin. Elle consiste en cérémonies qui se tiennent à l’extérieur, sous le soleil couchant ou levant. Des cantiques, adressés au deux Veneurs, sont alors entonnés d’une même voix par tous les fidèles.

Les tornades symbolisent l’union d’Ærlioss et Lorwin. Depuis la création de Pyldor, la Larme de Lorwin originelle, les habitants de Ventedru savent que le don le plus sacré des Grands Veneurs ne peut être trouvé que dans l’œil d’une tornade. Il est dit que Lorwin y pleure les morts dus à son tempérament. C’est ainsi que les « chasseurs de tornade », des chariotteurs émérites, traquent les terribles tourbillons pour aller récupérer les pleurs de la déesse. Leurs chariots ne sont que de frêles esquifs en comparaison de ceux qui servent au commerce. C’est à la fois un métier dangereux et un immense acte de foi car la plupart des chasseurs de tornades finissent leur vie prématurément lors de leur quête.

Bien sûr, la Salamandre aussi a été élevée à un niveau quasi-divin. En tous les cas, celui qui voit une salamandre est sûr d’avoir la grâce pour une année, quant à celui qui en attrape une, il peut se présenter au Roy et pourra réclamer un poste d’importance car il aura été « choisi » par la Salamandre.

La situation de crise a eu des retentissements dans le culte également. En effet, il y a de cela cinq cent ans, un nouveau dieu s’est créé. Les premiers membres de son culte hérétique clamaient qu’il est né de la première larme de Lorwin, la relique sacrée gardée par la famille royale. Pyldor, dieu des chants et de la famille, né de l’union de Lorwin et d’Aerlioss et soi-disant caché par sa mère avant que son chant n’enchante et subjugue tous les hommes dans sa première larme. Il va de soi que le clergé séculaire et monolithique du Royaume n’a pas supporté un tel outrage et a immédiatement déclaré le culte d’hérétique.

Un Grand Tribunal a été instauré par le Roy en réponse à cette contestation à son autorité. Les Juges ont tout pouvoir divin, et sont donc à même de décréter une exécution pour toute personne suspectée d’hérésie sans procès préalable.

On murmure même que la Grande Prêtresse de Pyldor, la Fille des Vents, est née sur un chariot au milieu d’une tornade, ce qui expliquerait la bienveillance de son dieu à son égard.

En outre, ce culte autrefois vaguement apprécié en secret, mais déclamé au grand jour pour ne pas subir les foudres du Tribunal a grandement gagné en notoriété. De fait, la Fille des Vents est devenue très populaire en Ventedru lorsque le Roy et son clergé a abandonné ses fidèles, et court d’un Royaume à l’autre, apportant soutien matériel, nourriture et réconfort parmi ses fidèles et les autres.

Economie, secteur d’activité principal

Du fait des tornades et des golygydds qui parcourent son territoire en tous sens, les ressources naturelles du royaume sont limitées ou difficilement exploitables.

Jadis, l’économie de Ventedru tenait essentiellement à sa capacité à livrer des marchandises en peu de temps au travers du royaume vers ses voisins. Le Royaume de Ventedru n’exportait ainsi pas grand-chose de ce qu’il produisait. Les seules denrées extrêmement rares et prisées sont les larmes de Lorwin, qui s’arrachent aux quatre coins du contivent. Il se murmure en effet qu’elles seraient porteuses de grand pouvoir, et elles sont doublement sacrées pour les membres du culte de Pyldor puisque leur dieu serait né de l’une d’entre elles. Néanmoins vu le risque que représente leur récupération leur nombre reste très limité.

Avant l’invasion, les échanges avec Tombelhiver, Ormsaint, Taleseaux et l’Ordre des passeurs de Lave étaient au beau fixe. L’Etat s’efforce de le conserver au mieux les transactions les plus importantes, quand elles sont encore demandées, en envoyant le plus de volontaires possibles pour les effectuer. La famille royale essaie également avec intensité de faire des alliances diplomatiques pour obtenir une aide militaire. Sa présence directement sur les terres d’Ormsaint lui permet de s’activer doublement dans cette quête de soutien. Quant à Tourbebrune et ses marais, ni les chariots ni les chevaux ne font bon ménage avec et le conflit ne s’y est pas exporté.

Depuis maintenant quelques temps une compagnie de chariotteurs émérites s’est mis en tête de ne plus se laisser enfermer par les frontières des royaumes. Pour se faire, ils ont quitté le giron de Ventedru et de son carcan religieux ; non pas qu’ils ne vénèrent plus les grands Veneurs, mais ils le font à leur manière ; et cela leur permet d’avoir du vent partout où ils veulent aller, et c’est bien cela le plus important. Les chariotteurs-express livrent toutes les missives ou colis dans les plus brefs délais à travers les royaumes, bien sûr cela a été rendu possible grâce à la monnaie frappée par Tombelhiver et que tous reconnaissent.

Personnalités importantes

Le Prêtre-Roy, Owein Caerlac

Il est le plus fervent de tous les Prêtre-Roy qui ont pu régner sur Ventedru, il est aussi celui qui a le plus besoin d’aide des Grands Veneurs. D’un naturel plutôt froid, il a tendance, depuis son exil en Ormsaint, à se rapprocher des Royaumes du nord des Hauts Plateaux afin de leurs faire prendre une plus grande part dans la guerre contre les golygydds.

Altgorf de Torsade

Chef de caravane au Royaume de Ventedru, il essaye de rapatrier le plus de réfugiés possible aux abords de la frontière d’Ormsaint. Il est connu pour sa qualité de meneur d’homme mais surtout pour son sens des priorités, il ne laissera pas un chariot se faire prendre par les golyggyds, quitte à laisser un village se défendre tout seul, ces véhicules étant leur bien les plus précieux dans cette guerre.

Le Haut Juge

Edmund Ventprieur est le bras armé de la justice du Roy. Il est la sentence divine d’Aerlioss. Lorsqu’il doit exécuter une sentence de mise à mort, il revêt le masque de Lorwin qui pleure de devoir ôter la vie à un être vivant, pourtant son coup ne dévie jamais. Il est aussi le gardien de la salamandre et le conseiller personnel du Roy.

Perception du royaume par les autres royaumes

Les habitants de Ventedru sont assimilés à des trompe-la-mort qui osent même défier les avertissements de leurs propres Dieux. Leurs malheurs avec les golygydds leur ont attiré la sympathie des royaumes voisins qui considèrent avec pitié cette grande nation mise à mal par les invasions et les guerres internes.

Armes et objets de prédilection

Un chèche fiché sur la tête, et une arme qui puisse être lancée, boomerang ou bolas.

De plus, lors des raids nocturnes contre les golygydds, les chariotteurs ont une cape noire qu’ils portent par-dessus leurs vêtements dès la nuit tombée. Depuis quelques années, et devant le besoin assez pressant de s’équiper face à une cavalerie expérimentée et barbare, le maniement de la lance a été introduit au sein de l’armée royale.

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