Archives de catégorie : Chapitre 2

Poème d’un passeur de Lave – PA§2

Montagnes désolées, desquelles dévalent au grès,

Evidemment de tes envies, ô toi Georg le Cramoisi,

De la lave en coulées, tout autant que de corps calcinés.

Ta colère est grande, au milieu de cette lande,

Tu es pourtant vénéré, ici comme ailleurs jamais.

Mais ta fille bientôt te l’a permis, à la fois d’être ailleurs et ici,

Mehina au pic en son sommet, à ses pleurs ne permettra de cesser,

Et de lave seront pour toujours, parés tous deux de leurs plus beaux atours.

Croyances et Cultes, Volume 3 – PA§2

Les golygydds

Cela fait maintenant bien longtemps que je chevauche la plaine aux côtés de nombres de ses habitants. Et en une dizaine d’années j’ai à peine pu faire le tour des nombreuses croyances de ce peuple qui est devenu cher à mon coeur.

Ils peuvent vénérer un dieu ou des ancêtres, des esprits comme des êtres féériques, cependant une base commune à tous revient, même si l’on peut trouver quelques divergences en fonctions des histoires de chacune des hardes.

Leiff le Centaure

Il est leur guide, leur dieu, leur chef, leur général… de nombreux titres que nous pouvons entendre un peu partout résonner dans la plaine et qui lui conviennent tout à fait. Mais il est encore bien plus que cela, il représente leur manière de vivre, de penser et de mourir.

Les golygydds n’ont de cesse de vouloir lui rendre hommage alors qu’il les a abandonnés, voulant par la même occasion prouver qu’ils sont dignes de lui. Seul une faible proportion des chevaucheurs ne sont plus en accords avec cette façon de penser, et bien sûr ils ne le crient pas dans la plaine, mais un chroniqueur averti tel que moi a su déceler, dans les intonations de voix et la gestuelle, quelques désapprobations lors de discours de Plentyn.

Il est représenté sous la forme d’un centaure, un être avec un corps de cheval sur lequel se pose un torse humain. Depuis les débuts de la guerre, les représentations ont évoluées et il est souvent affublé d’un casque portant une hache de bataille à la main.

Ceinwen & Cernun

Je préfère les regrouper sous la même égide car, bien qu’ils soient deux entités distinctes dans toutes les hardes, je ne peux m’empêcher de penser qu’ils ne sont qu’une seule et même entité. Tour à tour frère et soeur ou amants, ils sont indissociables.

Cernun

Il est le plus souvent nommé le chasseur cornu, et ses représentations ont à minima des bois de cerf sur la tête. Il est capable de chasser n’importe quel gibier et peut parfois être celui qui tue pour le plaisir. Il représente l’essence même d’un golygydd, et il est dans la parfaite lignée de Leiff.

Lorsqu’on rencontre un cerf, il est convenable de le saluer car on ne sait jamais si ce n’est Cernun qui pourrait se transformer.

Ceinwen

Elle représente l’attirance et l’idéal de chaque homme golygydd, mais gare à celui qui partagera sa couche car il n’y survivrait pas ; telle est une croyance commune attisée par les rares peaux tannées humaines que l’on peut de temps à autres retrouver dans une quelconque clairière de la plaine. Elle revêt deux apparences celle de l’attirance et celle de la colère, et n’est plus représentée pareil, dans le premier cas elle n’est vêtu que d’une simple mousse ou d’une armure légère, dans le second elle est prête pour aller tuer les ennemis des goylgydds.

Betse

Elle est l’image commune de la mort ou de son agent, celle qui aide à faire passer les souffrances, à les oublier. Le point commun de ses représentations est qu’elle est toujours affublé d’un quelconque moyen de s’élever dans les airs, que ce soit en se transformant, en ayant déjà des ailes, ou bien en se faisant porter par des nuées de corneilles.

Elle n’est pas mauvaise, elle fait ce qu’il doit être, sans aucun état d’âme.

Tarnuelle

La sensualité parfaite dans des formes féminines parfaites, des danses envoûtantes capables de faire perdre à chacun la notion de temps et de lieu. Nombre sont ceux qui sont mort après avoir dansé avec elle jusque dans sa couche, exsangue de toute once de vie, épuisé jusqu’au dernier souffle, mais tellement heureux que la vie ne valait plus d’être vécue. Elle représente la fertilité féminine, et elle peut être représenté par une biche ou une chèvre indifféremment.

Elle est d’une beauté froide et tellement explicite, elle est vénérée par tous les golygydds qui content ou dansent le conte.

Ehusse

Il était le plus grand d’entre eux, celui qui a appris aux premiers tatoueurs à écrire la voix du centaure. Certains sont capable de lire ces merveilleux tatouages, d’autres ne savent les apprécier, ce qui est sûr c’est que si vous vous retrouvez sur votre corps un tatouage dans une langue inconnue effectué par un tatoueur golygydd, il est fort possible que Ehusse est choisi de vous faire passer un message ou que vous lui serviez de messager.

Il est représenté sous les traits d’un vieillard aveugle dont le visage est recouvert de tatouages changeants au gré des étoiles.

 

Mapun

Parfois caché, d’autres fois encensé, Mapun ne laisse personne indifférent. Il est celui qui corrige le mauvais par la force, il est celui qui dirige par la force, il est celui qui tue de ses poings. Il représente la fertilité masculine, et il est souvent représenté affublé d’un bouc, ou en étant lui-même un pourvu d’énorme cornes et attributs.

Il est la lame vengeresse qui ne se réveillera que si les golygydds échouent, ou si Leiff n’est plus, alors Mapun apparaîtra et remplira les bras de Betse des têtes des vaincus.

Ninen & Nenin

Ils représentent l’image du conflit intérieur en chacun de nous. A la fois unique et plusieurs, ils ne sont plus tant vénérés que cela, mais nous pouvons toujours entendre que quelques uns leur gardent une place, notamment les enfants jumeaux. La croyance veut d’ailleurs que les jumeaux ne s’entendent jamais, et afin qu’il n’y ai aucun conflit de famille plusieurs options sont faites en fonction des hardes: soit les deux enfants sont tués (option choisie dans la plupart des cas quand les enfants sont du même sexe); soit les enfants sont séparés jusqu’à leur âge adulte puis ils sont mariés afin que Ninen et Nenin ne fassent plus qu’un dans leur progéniture.

La Grande Ost

Elle était composé de dix esprits cavaliers, regroupant homme et femme, et ce sont ceux qui cherchaient le réunificateur et qui l’ont emmené sur la voix des hardes. Cela fait maintenant vingt ans que plus personnes n’a vu une apparition de la Grande Ost, mais nombreux sont ceux qui espèrent que les voir à nouveau afin de prendre part à la bataille qui fait rage au sud des plaines.

Lueurs du Sud – PA§2

Quels changements en dix ! Les vertes collines de Vertebutte accueillent maintenant quelques couleurs rouges flamboyant éparses. Les grognements des ours ont fait place aux crépitements des flammes.

Et malgré ce qui devait être une joie, je n’ai jamais connu peuple aussi triste. Les plus aventureux tentent leur chance encore plus au sud, vers une terre inexplorée mais ô combien inaccessible, ce canyon béant n’en est que la première épreuve physique mais des autres nul n’en connaît la teneur.

Pourtant depuis le sommet de certaines collines, lorsque le vent du sud se lève, nous pouvons entendre, comme j’ai pu le constater, des bruissements, comme des râles. Et encore plus rarement vers le printemps et à l’automne, nous pouvons apercevoir des lueurs dansantes sur les courants d’air chaud, se mêlant au sable que la tempête peut emporter. Les nuits sont alors illuminées pendant quelques temps et les habitants des grottes sont bien heureux d’y rester, car on raconte que respirer ce sable entraîne les enfants dans des profonds sommeils.

Point d’eau – PA§2

Jour 23 du mois des conquêtes.

Partout où mon regard se pose, je ne vois que mort et désolation, des hommes comme des femmes, des golygydds comme leur proie, tous entrelacés dans la mort… Je ne peux me résoudre à les laisser ainsi, surtout les enfants.

C’est ainsi que je me retrouve en train de poser des cailloux sur les corps pour éviter que des charognards ne les tuent un peu plus ou que d’autres ne meurent… je ne sais pas encore, je ne sais plus… j’en ai tellement vu en si peu de temps. Autant de lieux différents pour voir les mêmes scènes se répéter… inlassablement.

Il faut se souvenir de ce temps, comme des autres, la vie était belle, je m’en souviens. Elle ne l’est plus, je le sais.

Je ne suis ni golygydd ni de Ventedru, et pourtant Lorwin me fait autant souffrir que si je faisais partie de son peuple ou de ses ennemis. Je ne peux me résoudre à accepter ce retour des dieux, pour ce qu’ils font subir aux autres.

Mais la route est longue encore, et il faut vraiment que je trouve un autre point d’eau, celui-ci est responsable de trop de perte…

 

Jour 26 du mois des conquêtes

Cela fait maintenant trois jours que j’ai quitté mon dernier point d’eau. Je n’ai pas repris la plume depuis, si peu de force dans mon corps. J’ai bien fait de me rationner, et malgré cela je pense que je commence à perdre pied.

Je les entends me murmurer sans que je ne comprenne leurs mots. Dès que je ferme les yeux, je vois leurs regards vitreux se poser sur moi. Je savais que je n’aurais pas dû toucher à cette eau !

Maintenant j’entends des râles… écrire me réconforte, mais ne m’aidera pas contre eux.